Rentrée littéraire, Rentrée littéraire 2016

#Post it : Un dangereux plaisir, de François Vallejo

 

Elie Elian est obligé de mastiquer et d’avaler les infâmes bouillies que lui serveVallejont des parents se déclarant au-dessus des plaisirs de la table. Cela ne l’empêche nullement de s’attarder sur l’arrière d’un restaurant de son quartier. Les cuisines, leur chaleur, leurs gestes calibrés, leurs brigades disciplinées, tout un univers qui fascine le jeune Elie au point de susciter une vocation : il sera chef-cuisinier. Quand ses parents reçoivent des biens immobiliers en héritage et quittent Paris, ne se privant pas d’y laisser ce fils qui leur résiste silencieusement. Elie Elian se retrouve rapidement à la rue. Pour survivre, il se contente des restes trouvés dans les poubelles de particuliers ou de supermarchés. Mais c’est sans compter avec les rencontres et leurs conséquences, parfois malheureuses, d’autres fois providentielles.

Avec François Vallejo, on est vite happés et embarqués à la découverte d’un destin au entraves multiples et aux rencontres déterminantes. On prend plaisir à suivre l’évolution du personnage principal, Elie Elian. Étoffe, plein de ressources en même temps que de contradictions, il irrite au départ par ses atermoiements et faiblesses. Mais on ne peut que s’y attacher tant il surprend. Il en est de même pour les personnages secondaires, construits de telle sorte que leur complexité nous laisse éberlués.

C’est également l’écriture de l’auteur, à la fois détachée, dense et haletante, qui nous accroche au texte. L’air de rien, fioritures stylistiques et avec une désinvolture toute feinte, François Vallejo distille au fil du roman les événements qui font basculer l’histoire ou l’infléchissent. On se prend alors à se demander si on a bien lu. On est suspendu aux mots et les mystères se dévoilent avec une ingénieuse maîtrise.

Avant même d’ouvrir le livre, on a sur la couverture empourprée un concentré des dangereux plaisirs que va découvrir et expérimenter Elie Elian. Plaisirs de la chair et de la table. Les deux sont décrits avec les mots de l’agape et de la réjouissance. Omniprésents, les mots de la gastronomie et de l’art culinaire rendent tour à tour poétiques ou grotesques des situations.

C’est là le génie de l’écrivain. Saisir un univers pour mieux manier ses mots et créer une histoire aussi profonde que charnelle.

 

 

Titre : Un dangereux plaisir

Auteur : François Vallejo

Éditions : Viviane Hamy

Nombre de pages : 320

Parution : 24 août 2016

 

Chronique réalisée en partenariat avec le site Lecteurs.com, dans le cadre de l’opération #ExploLecteurs

 

 

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