Rentrée littéraire, Rentrée littéraire 2016

#Post it : The girls, de Emma Cline

 

A 27 ans, l’Américaine Emma Cline signe un premier roman à la fois puissant et éprouvant qui fait d’elle une des révélations de la rentrée littéraire 2016.

The girls évoque-t-il les tourments de l’adolescence ou les horreurs de la secte dirigée par Charles Manson à la fin des années 60 ? C’est en réalité sur l’une et l’autre de ces thématiques que s’appuie le roman. D’où sa puissance.

Emma Cline nous entraine dans la Californie de la fin des années 60. Evie Boyd est fille unique. Elle vit seule avec une mère certeimg_0018s riche mais instable, et ne voit son père que de temps à autre. Au début de l’été 1969, elle a tout juste 14 ans quand une banale dispute d’adolescentes la sépare de son amie d’enfance, Connie.

C’est alors qu’elle fait la rencontre de jeunes filles à peine plus âgées qu’elle. Parmi elles, Suzanne, qui la fascine tout de suite. Leurs tenues, leur allure, leur audace, tout chez ces filles l’attire. Elle n’a plus d’amie, son socle familial est bancal, voire inexistant, alors Evie va faire en sorte de se faire accepter dans ce nouveau cercle, aussi étrange que séduisant à ses yeux.

Elle se coupe peu à peu de la réalité pour vivre avec la communauté dans un ranch poussiéreux et sale mais où on partage jusqu’à son intimité. Mais la fascination l’aveugle et la mène peu à peu au point de bascule, celui dont on revient difficilement et pas franchement en bon état.

Si on a d’abord un peu de mal à situer les personnages et les lieux, on est ensuite vite happés tant par le récit que par l’écriture d’Emma Cline. Une écriture dense, très imagée, très rythmée.

Emma Cline y décrypte comme personne les comportements adolescents. Chaque regard, chaque mouvement est décortiqué avec une acuité aussi subtile et tendre que cruelle. Sa force ? On s’identifie forcément parfois.

De même, l’auteure dévoile de manière délicate bien toutes ces petites attaches si essentielles à l’adolescence. Elle montre avec finesse la manière dont elles cèdent et précipitent l’adolescent(e) dans le chaos.

On ressort du livre comme d’un nauséeux brouillard. Emma Cline saisit par la finesse psychologique de son premier roman. On est à la fois transportés et sonnés. Une prouesse rare.

 

 

Titre : The girls

Auteur : Emma Cline

Éditions : La Table Ronde

Nombre de pages : 336

Parution : août 2016

 

 

 

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2 Comments

  • Reply Camilla 25 septembre 2016 at 7:25

    Un roman que j’aimerais beaucoup découvrir ! 🙂

    • Reply Bookapax 27 septembre 2016 at 2:25

      Je ne peux que le conseiller. Même si on en ressort groggy, l’auteure nous saisit par son écriture et par sa psychologie très fine des personnages 🙂

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