Rentrée littéraire, Rentrée littéraire 2016

#Post it : Riquet à la houppe, de Amélie Nothomb

 

Pour son 25ème roman, Amélie Nothomb s’attaque à la réécriture d’un conte de Perrault, Riquet à la houppe, pour mieux traiter le sujet de la différence. Sous la plume entrainante et incisive de l’auteure, on va suivre les destins croisés de Déodat, un génie laid à souha9782226328779-jit, et de Trémiaire, une beauté contemplative. De leur naissance à leur rencontre, Amélie Nothomb décortique tout. Si Déodat est protégé par des parents aimants, Trémiaire est vite reléguée au second plan par un couple déçu qui la laisse le plus souvent chez sa grand-mère qui l’adore. A l’école, la jeune fille est passive à en pleurer alors que l’intelligence supérieure de Déodat lui permet de s’imposer par la ruse.

Le jeune homme a beau être repoussant, il plait énormément à la gent féminine. Sa passion pour les oiseaux va lui permettre de devenir un ornithologue réputé.

Trémière, elle, traine longtemps sa réputation d’idiote. Tout comme la laideur attire les moqueries, la trop grande beauté attise la haine. Mais celle que ses camarades ont toute sa scolarité baptisée « Crémière » est-elle réellement bête ? Plutôt indifférente, passive et contemplative. A l’imbécilité et à la cruauté, Trémiaire oppose un détachement désarmant sans pour autant rester insensible.

« Les contes ont un statut étrange au sein de la littérature : ils bénéficient d’une estime immodérée. L’ambiguïté du conte provient du fait que sous couleur de s’adresser aux enfants, on parle aussi et peut-être d’abord aux adultes. »

La réécriture d’un conte n’est en réalité qu’un prétexte pour Amélie Nothomb. Il lui permet de se glisser dans les personnages pour mieux se dévoiler. De son propre aveu, on retrouve beaucoup de sa solitude en Déodat et de son côté contemplatif en Trémiaire. C’est aussi un excellent moyen pour l’auteure d’égratigner ses contemporains.

« L’époque moderne a sécrété d’atroces pommades verbales qui, au lieu de soigner, étendent la superficie du mal et font comme une irritation permanente sur la peau de l’infortuné. A sa douleur s’ajoute un nuage de moustiques. »

« Le très laid suscite parfois un peu de compassion; le très beau irrite sans pitié. La clef du succès réside dans la vague joliesse qui ne dérange personne ».

Certains passages restent toutefois indigestes, notamment ceux où l’auteure nous décrit (trop) longuement les diverses variétés d’oiseaux et leurs caractéristiques. De même, l’emploi de l’ancien français peut avoir son charme, mais il est parfois inapproprié et alourdit le texte.

Il n’en reste qu’après un quart de siècle de publication, Amélie Nothomb signe un roman plus qu’agréable à lire et qui nous trotte en tête un moment.

 

Titre : Riquet à la houppe

Auteure : Amélie Nothomb

Éditions : Albin Michel

Nombre de pages : 198

Parution : 17 août 2016

 

 

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