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#Post it : Les Bourgeoises, de Sylvie Ohayon

 

Résumé officiel : En grandissant à la cité des 4000 de La Courneuve, Sylvie n’a qu’une idée en tête : s’en aller. Il lui faut fuir cet endroit qui lui rappelle un père absent et un beau-père violent. Elle en a autant besoin que d’air pour respirer. D’ailleurs, cet air qu’elle respire depuis qu’elle est née, elle n’en veut plus. Elle rêve de celui de Paris, des belles boutiques, des draps de soie, … de l’air que les bourgeoises respirent depuis leur naissance. Ses origines juives et tunisiennes, elle ne veut plus en entendre parler.
Ces bourgeoises, Sylvie les déteste autant qu’elle les admire. Elle voudrait devenir l’une des leurs, sans les inconvénients. La richesse et le confort oui mais avec la chaleur humaine venue du Bled, le couscous et les câlins.
Au fil des années, Sylvie devient une publicitaire reconnue, respectée qui peut enfin s’offrir tout ce qu’elle désire. Pourtant, cela ne suffit pas à la rendre heureuse. Elle se sent coincée, comme piégée dans un tunnel entre La Courneuve et le XVIème. Elle ne sait plus toujours quelle direction prendre, quelle est son identité.

 

Premier paragraphe : « Ma mère dit qu’à ma naissance j’ai tourné la tête dans tous les sens pour voir où j’étais.

Elle dit : « D’ailleurs, tu n’as pas crié, tu as regardé. Fallait déjà que tu contrôles ton monde. Fallait que tu jauges, que tu juges. Voir si les autres seraient à ta hauteur. J’ai tout de suite compris que rien ne serait assez bien pour toi. Je ne sais pas d’où ça te vient, mais putain, même bébé, tu ne te prenais pas pour de la merde… » Ben oui, maman, au début on préfère croire que ça va aller. Donc, non, désolée, je n’ai pas commencé ma carrière d’être humain en pensant que tout était foutu d’avance. J’ai toujours attendu du mieux, du coup, je suis rarement satisfaite. »

 

J’ai aimé : L’écriture très énergique, le ton tellement décomplexé, et l’impression parfois d’être une confidente auprès de laquelle l’auteure se livre. L’autocritique sévère dont est capable Sylvie Ohayon et l’abandon dont elle fait preuve parfois sont clairement émouvants.

J’ai moins aimé : La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée par l’auteure à une série de portraits de bourgeoises. On sourit, on rit franchement, on s’indigne, on écarquille les yeux parfois, et puis au bout d’un moment on n’en peut plus. Les travers et revers des bourgeoises nous sont détaillés jusqu’à l’écœurement.

 

Passage mémorable : « La bourgeoise qui énerve tout le monde. Elle et moi exerçons le même métier. Je la regarde en faire trop, ça m’amuse, ça me décomplexe. Elle a grandi en banlieue, une banlieue sale, de celles dont on parle dans les journaux et pendant les campagnes politiques. Elle n’est pas tout à fait française, elle change souvent d’identité. Je peine parfois à me rappeler son nom. Son visage est intense et venu d’aucun pays. Elle a les traits durs, tout est gros sur sa figure, limite grossier. Un jour une femme aux seins refaits deux fois lui demande le nom du médecin qui lui fabrique une bouche aussi charnue. Elle répond : – C’est mon père et ma mère, sale pute. »

On en ressort : Essorés, comme sortis d’un tourbillon, celui d’une battante qui avance malgré les bourrasques et les excès auxquels elle est confrontée.

 

Titre : Les Bourgeoises

Auteur : Sylvie Ohayon

Éditions : Robert Laffont (Pocket)

Nombre de pages : 325

Parution : 2012

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