Rentrée littéraire, Rentrée littéraire 2016

#Post it : L’autre qu’on adorait, de Catherine Cusset

 

Avec L’Autre qu’on adorait, Catherine Cusset fait revivre Thomas, l’ami de son frère qui fut son amant avant de devenir son confident. Thomas est un élève brillant que son entourage ne cesse de promettre à un bel avenir. Avec ses amis il décide de passer le concours de Normale Sup mais échoue par deux fois. Mais Thomas croit da19795ur comme fer en sa brillante destinée. Normale Sup se refuse à lui ? Pas grave ! Il s’envole pour les États-Unis où il compte faire de hautes études littéraires et obtenir un poste dans une université mondialement réputée.

Mais Thomas est un jouisseur. Sa passion des femmes emporte tout. Il finit par faire des promesses qu’il ne tient jamais et procrastine continuellement. En attendant LE poste qui couronnera sa carrière de professeur de français et de cinéma, il erre d’universités en universités. Mais d’année en année, les échecs s’accumulent, professionnellement comme sentimentalement. Jusqu’à la chute finale.

Plutôt que de raconter ce parcours tragique avec la distance habituelle de l’écrivain, Catherine Cusset choisit d’employer la deuxième personne du singulier. Ce faisant, elle nous rend spectateur de son dialogue sans concession avec Thomas.

On a l’impression d’être dans la peau de cet ami lointain qui débarque dans un cercle d’amis proches. A la fois juges et témoins, on est intégré dans ce même cercle pour assister impuissants au lent effondrement de Thomas.

Mais cet emploi du « tu », s’il est original et nous happe dès les premières lignes, prévaut un peu trop largement sur le texte. Le récit passe alors après le style, trop prégnant.

Ce déséquilibre est cependant vite excusé tant on s’attache au personnage de Thomas. Jusqu’au bout on espère que la roue de l’échec finira par s’enrayer. Malgré la révélation de son suicide dès le prologue, on se surprend à croire à une autre issue, moins fatale.

En s’incluant dans le récit, Catherine Cusset nous montre à voir son impuissance face à la lente descente aux enfers de Thomas. L’amitié, même très proche, n’empêche pas l’aveuglement, voire plus grave, l’occultation des douleurs de l’autre.

Les phrases sont le plus souvent courtes, les mots sont choisis, calibrés, le débit est rapide, scandé.

Proust nous accompagne tout au long du récit, de même que de nombreuses références cinématographiques, musicales et littéraires.

On dévore L’Autre qu’on adorait et on en sort sonné, avec un fort sentiment d’hébétude.

 

Titre : L’Autre qu’on adorait

Auteure : Catherine Cusset

Éditions : Gallimard

Nombre de pages : 304 pages

Parution : août 2016

 

 

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