Rentrée littéraire, Rentrée littéraire 2016

#Post it : La succession, de Jean-Paul Dubois

 

Paul Katrakilis vit à Miami où il s’adonne au jaï-alaï, une variante de la pelote basque, en joueur professionnel. Médecin de formation, il a quitté la France depuis quelques années déjà quand un jour un appel du consulat vient chambouler son existence bien réglée. Son père vient de mourir et Paul doit rentrer à Toulouse pour l’enterrement et les formalités administratives.la-succession-de-jean-paul-dubois-1074720797_l

Seulement, les deux semaines que passe Paul Katrakilis en France le replonge dans des souvenirs familiaux qu’il a fait en sorte d’occulter.

En effet, chez les Katrakilis, la famille est tout sauf banale. Depuis le grand-père Spyridon qui a fui l’URSS avec dans sa mallette une lamelle du cerveau de Staline, dont il fut le médecin personnel, jusqu’au père médecin taiseux, insensible et sans grande vocation, en passant par la mère fusionnelle avec son frère au point de l’installer dans la grande maison familiale, rien n’est fait pour que Paul grandisse dans un environnement serein.

Autre particularité, et pas des moindres ! Les membres de la famille ont tous opté pour le suicide inexpliqué plutôt que la trop conventionnelle mort naturelle.

Autant de particularités que Paul Katrakilis a choisi de fuir pour aller cogner contre un mur avec une balle de cuir. Mais le passé finit par le rattraper et il n’a d’autre choix que de s’y confronter.

L’humour noir, l’hilarante ironie, c’est ce qui fait toute l’originalité de l’ouvrage de Jean-Paul Dubois.

Son ton désabusé mais lucide sur le genre humain donne une profondeur indéniable au roman.

Les thématiques traitées sont lourdes. La famille, la mort, la fin de vie, etc., autant de sujets qu’on s’attendrait à voir abordés avec une certaine gravité et que Jean-Paul Dubois nous donne à voir avec une acuité teintée d’émotion.

Les situations les plus graves, voire les plus sinistres, sont décrites avec un humour mordant. Cela leur confère d’autant plus d’intensité.

On s’identifie aisément au personnage de Paul Katrakilis, et l’emploi de la première personne du singulier y est sûrement pour quelque chose.

De plus Jean-Paul Dubois de passages consacrés aux conditions de travail d’employés divers pour distiller des réflexions acerbes sur le Capital fait de « molochs sourds et aveugles qui dévorent leur propres enfants » et qui veulent « d’abord le pouvoir, puis les choses, puis les hommes, puis le temps, s’emparer de chaque heure, faire suer chaque minute ».

On en ressort secoué, étourdi. Un roman profond qui ouvre les portes de la réflexion sur plusieurs sujets sensibles, sans forcément donner de réponses toutes faites.

La succession fait partie de la seconde sélection du Goncourt 2016. Rendez-vous le 27 octobre pour savoir s’il a résisté à la troisième et dernière sélection de ce prix tant convoité.

Titre : La succession

Auteur : Jean-Paul Dubois

Éditions : éditions de l’Olivier

Nombre de pages : 240 pages

Parution : août 2016

 

 

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