Adultes, Lecture, Post it

#Post it : Bianca, de Loulou Robert

 

Résumé officiel : Parce qu’elle devrait manger davantage et n’aurait pas dû s’ouvrir les veines à un si jeune âge, Bianca est admise dans l’unité psychiatrique pour adolescents de sa ville natale. Bianca ne s’élève pas contre cette décision. Elle ne se révolte pas. Même si elle ne voit pas en quoi le fait d’être enfermée et soumise à de multiples interdits peut atténuer la souffrance qui la détruit, Bianca se tait, obéit et regarde. Elle observe le monde chaotique qui l’entoure. Tous, médecins, soignants, patients et familles ont l’air si fragiles, si démunis… Aucun remède ne semble exister, aucune lumière ne paraît capable d’éclairer ce lieu opaque où Bianca a le sentiment effrayant de s’être enfermée toute seule.
Et pourtant…
La vie est là. Les sensations, les émotions, les visages, les événements, les affrontements, les pulsions, les sentiments vous cernent et vous travaillent au corps. On peut croire qu’on ne sait plus vivre, on vit tout de même.
Et Bianca observe avec une attention scrupuleuse ce flot de vie inexorable qui, sans qu’elle n’y puisse rien, l’envahit, la ranime et la submerge.

 

Premier paragraphe : « Je m’appelle Bianca. C’est ma mère qui a choisi ce prénom. C’est son côté « Américaine » même si l’Amérique, elle connait pas. Il y a un mois jour pour jour, assise dans mon salon en compagnie de Teddy, le chat de la maison, je regardais la télévision. Teddy dormait, les de ses lèvres supérieure et inférieure me souriaient. Il avait l’air bien. Je me suis dit que si je fermais les yeux et laissais tout aller, je sourirais peut-être comme lui. Les lignes bleues qui sillonnent mes poignets ont été inondées de rouge, du rouge sur le sol, sur mes vêtements. Au moins, ce n’était plus tout noir. Au moins, il y avait de la couleur. »

 

J’ai aimé : La virulence du ton, la retranscription fidèle de cette folie qui peut nous saisir à l’adolescence, le rapport au livre du personnage de Bianca, les mots et expressions justes pour décrire les maux.

J’ai moins aimé : Certains passages trop crus à mon goût, des personnages parfois tellement dans l’excès qu’on se surprend à vouloir les secouer, voire à les détester.

 

Passage mémorable : « – Oui, j’aime les livres . Il n’y a pas de mal à ça, pas vrai?
– Non, il n’y a aucun mal à aimer quelque chose . Et je pense qu’aimer lire en est une bonne mais un livre par jour, c’est trop Bianca .
– Il n’y a rien à faire ici . En général , on reproche aux gens de ne pas assez lire , pas l’inverse . Avec vous, quoiqu’on fasse, c’est toujours mal .
– Ton cas relève de l’obsession . Tu lis pour ne pas penser . Tu te réfugies dans les livres , ce qui t’empêche d’avancer et de te concentrer sur toi . »

On en ressort : Secouée, touchée, on s’interroge aussi, sur cette période trouble qu’est l’adolescence. On se remémore la sienne, et on se dit qu’une adolescence douloureuse peut laisser des traces.

 

Titre : Bianca

Auteur : Loulou Robert

Éditions : Julliard

Nombre de pages : 306 pages

Parution : février 2016

 

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