Rentrée littéraire, Rentrée littéraire 2016

#Post it : Beaux rivages, de Nina Bouraoui

 

Adrian quitte A. après huit ans d’un amour qu’on découvre peu à peu aussi passionné que fragile. Adrian vit à Zurich. A. est à Paris. Les avions, les trains, les doubles de clés, tout ça ne leur fait pas peur. Au contraire, cela entretient la flamme. C’est en tout cas ce qu’ils pensent. Jusqu’au jour où Adrian rencontre l’Autre. Quand A. le découvre, cela fait plusieurs mois qu’Adrian et l’Autre sont ensemble. Avec le recul, A. n’a rien voulu voir, préférant imputer les sautes d’humeur, la nervosité et la froideur d’Adrian au stress dû à son travail de galeriste. L’art est volage, tout comme les hommes…

Que dire sinon que jusque là, l’histoire est d’une triste banalité. On attend donc la suite, l’originalité du texte, le petit truc qui fera la différence. Peut-être les attentats à Paris, que l’auteure convoque en toile de fond ? Non. Ces tragédies ne viendront beauxrivagesqu’ajouter au drame personnel de A. De quoi l’enfoncer un peu plus, et nous avec, dans les tréfonds du laisser-aller et de la dépression.

A. ne mange plus, s’enferme pour pleurer, et maigrit à en faire peur. On crie grâce ! On attend la porte de sortie, l’issue de secours qui fera basculer l’histoire. L’auteure n’en ouvre que pour mieux les refermer. A. n’en devient que plus énervante, entendant les conseils de ses amis mais ne les appliquant que très peu. Les sites de rencontre ? Très peu pour elle ! La thérapie ? Elle y va mais ne se confie pas vraiment.

Si Nina Bouraoui a choisi de nous plonger dans les abimes du chagrin d’amour, c’est réussi. On ressort maussade et déprimé de cet insupportable trio, et plus d’une fois l’envie nous prend de secouer cette A. qui se complait dans sa douleur.

On retrouve pourtant bien là le style Bouraoui, l’écrivaine étant une exploratrice assidue du désir et de la représentation amoureuse. C’est d’ailleurs ce qui fait qu’on s’accroche, qu’on attend le rebondissement derrière l’autopsie. Car Nina Bouraoui, malgré quelques répétitions assommantes, ausculte et décrit jusqu’à l’écœurement les vestiges du couple et du sentiment amoureux. Mais avec « Beaux rivages » l’auteure s’arrête à l’analyse. Près de 250 pages de complainte et de lamentations plus tard, on attend toujours le piquant qui va faire rebondir le texte. En vain.

Un livre comme un douloureux et interminable arrêt sur image, celle de la détresse amoureuse.

 

Titre : Beaux rivages

Auteur : Nina Bouraoui

Éditions : J.C. Lattès

Nombre de pages : 252

Parution : 24 août 2016

Chronique réalisée en partenariat avec le site Lecteurs.com dans le cadre de l’opération #ExploLecteurs

 

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