Rentrée littéraire, Rentrée littéraire 2016

#Post it : Au commencement du septième jour, de Luc Lang

 

Thomas, 37 ans, est informaticien et père de deux jeunes enfants. Son épouse Camille travaille énormément. Mais elle l’a promis. Encore trois ans de cette vie à 200 à l’heure et elle ralentira son rythme de travail. Seulement une nuit, il est 4 heures du matin quand le téléphone sonne. C’est la gendarmerie qui lui apprend que sa femme vient d’avoir un très grave accident de la route.

Cet accident, c’est le point de départ d’une longue et éprouvante enquête. Camille a eu un accident sur une route où elle n’aurait pas dû être. C’est ce qui va intriguer Thomas et le pousse à faire des recherches poussées.

En plus de lui en apprendre plus concernant les déplacements et fréquentations de sa femme, ces investigations vont avoir diverses conséquences inattendues. Thomas va peu à peu se détacher de ce travail d’informaticien qui l’a tenu éloigné de ses proches. Il va renouer avec les Pyrénées de son enfance. Ce faisant, il va revisiter son histoire familiale, mais aussi celle de son épouse.

Mais à force de tirer des fils ténus, le jeune père désemparé va briser des non dits, faire craquer les taiseux.

L’histoire de faluclangmille tragiquement singulière se mêle à un fond professionnel brutal et effrayant pour nous donner à lire un texte d’une grande justesse.

C’est notre époque que décrypte Luc Lang sur près de 550 pages.

On est tout de suite saisi par l’écriture. Souvent les très longues phrases pleines de virgules et d’apartés ne connaissent pas le point. On halète, on s’essouffle, on s’accroche aux mots, à l’histoire. On est amené à un rythme effréné à suivre la (trop) longue évolution de Thomas, qui doucement, renoue avec le passé et accouche de lui-même. Mais en nous imposant ce rythme fou, l’auteur finit par nous oppresser, nous éreinter. Impossible de survivre alors sans faire de pauses. D’autant que les (trop) longues descriptions nous détachent un peu trop souvent du récit.

Mais indépendamment de ce style si particulier, la très grande réussite de ce livre réside dans cette manière dont l’auteur dissèque, ausculte, décrit et nous donne à voir l’évolution d’un seul personnage à travers ses interactions tant familiales que professionnelles, et en l’inscrivant dans une époque pour en pointer subtilement les travers.

Luc Lang marque littéralement Thomas, son personnage principal, à la culotte. Rien ne nous est épargné de ses réflexions, de ses sentiments, de ses jugements, de ses emportements. Même ses rêves nous sont exposés.

Comme beaucoup, Thomas regarde sans voir vraiment le monde qui l’entoure. Il est donc celui qui n’a rien vu des drames qui, dès son enfance, ont frappé les siens. Il est aussi celui qui, la tête dans les GPS et autres logiciels traqueurs qu’il conçoit, n’a pas même imaginé les dérives de tels outils.

L’accident de sa femme finit par l’éveiller. Le moment est venu pour lui de réemprunter ces chemins qu’il a traversé sans les observer.

Un roman qui traine parfois en longueurs mais qui reste une réussite par la profondeur de la réflexion à laquelle nous pousse l’auteur.

 

Titre : Au commencement du septième jour

Auteur : Luc Lang

Éditions : Stock

Nombre de pages : 544

Parution : août 2016

 

 

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