Adultes, Lecture

Martin Eden, de Jack London, coup de poing littéraire

 

Le résumé : Martin Eden, le chef-d’oeuvre de Jack London passe pour son autobiographie romancée. Il s’en est défendu, disant que Martin n’était pas socialiste mais individualiste et que son histoire avait été écrite en protestation contre la philosophie de Nietzsche.

Il y a plus d’une ressemblance entre l’auteur et le héros: ouvrier devenu romancier célèbre, invité dans les salons, amoureux d’une riche jeune fille qui ne le comprend pas, ex-prolétaire ne se reconnaissant pas dans le prolétariat et qui n’aura jamais sa place chez les bourgeois.

Mon avis

Si vous vous fiez au résumé, vous passez à côté de l’essence de ce chef-d’œuvre total !

Quand Martin Eden, marin-ouvrier, entre pour la première fois dans une maison bourgeoise, sa démarche est « chaloupé » et il est « saisi d’épouvante ». Arthur Morse, le fils de la maison, l’a invité pour le récompenser de l’avoir sauvé lors d’une bagarre.

La gêne de Martin Eden est palpable. La beauté, le raffinement de la demeure, tout l’impressionne. Jusqu’au moment où son regard accroche un tas de livres posés sur une table. Martin Eden s’y plonge, « le visage illuminé ». Mais un « frisson » le saisit quand apparaît Ruth, la jeune fille de la maison et sœur d’Arthur. Une conversation littéraire s’engage, mais très vite Martin sent ses limites. Le recueil de poésie qu’il emporte ce soir-là sous le bras marque le début de sa rencontre passionnée avec les mots et les livres.

A partir de là, deux grandes thématiques se dégagent du roman : l‘incommensurable amour que porte Martin à Ruth, et le rapport du héros à l’écriture et aux livres.

Deux thématiques fortement imbriquées puisque c’est par amour pour Ruth que Martin Eden se prend de passion pour le savoir et l’écriture. Quant à la jeune fille, elle voit en Martin « de l’argile entre ses mains ».

Martin Eden est doté d’un intelligence fulgurante. Plus il ingurgite de savoirs et plus l’envie d’apprendre augmente.

Car ce roman, c’est aussi celui de la volonté hors du commun, celle qui donne une foi inébranlable en soi et une confiance inattaquable en son talent.

Avec Martin Eden, Jack London nous offre un roman d’un grande et rare force. Son écriture nous hypnotise. On est suspendus à l’épopée tant intellectuelle que personnelle du héros. Épreuves, nuits blanches, périodes éreintantes de labeur et de faim, rapports complexes à sa famille, aux gens, au monde, on suit tout avec une constante avidité.

Les analyses tant sociétales que psychologiques ou encore celle des apparences sont d’une grande subtilité.

C’est à la fois féroce sur le genre humain et terriblement intemporel. Martin Eden est un roman à multiples tiroirs, d’une prodigieuse densité.

L’ensemble est sublime. Le final est terrifiant, étourdissant.

 

 

 

 

 

 

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