Adultes, Lecture, Lectures du mois

#Lectures de juin 2016

 

En juin 2016 j’ai lu :

 

Les armoires vides, de Annie Ernaux

Après avoir été marquée par la lecture de La place et Une femme, j’ai voulu continuer sur ma lancée en découvrant un troisième roman de Annie Ernaux. Avec Les armoires vides, on plonge dans les affres d’une jeune femme qui vient de se faire avorter salement. En prise avec d’affreuses douleurs, elle repense à son enfance et à ses parents, pas vraiment avec tendresse. De bout en bout, on est nauséeux, pris à la gorge, mal à l’aise. Annie Ernaux réussit avec brio à nous mettre face aux affres de ces femmes livrées aux faiseuses d’anges. On en vient à demander grâce.

 

Le premier jour du reste de ma vie, de Virginie Grimaldi

Je suis les publications de l’auteure sur les réseaux sociaux et via son blog depuis un moment déjà, mais je n’avais jamais lu son premier roman. Pourtant sa plume enlevée à la fois drôle et émouvante m’a toujours plue. A l’occasion de la sortie de son deuxième roman, Tu comprendras quand tu seras plus grande, j’ai choisi de la lire en commençant par le commencement. On retrouve bien la pâte de Virginie Grimaldi dans ce roman frénétique mettant en scène trois femmes et trois générations. Un roman qui répond au genre chick-lit, écrit par une femme pour les femmes, et qui reste très bien mené, bien écrit, agréable et frais. Seulement il réunit aussi ces défauts de la chick-lit : un sentimentalisme exacerbé et quelques clichés saupoudrés ça et là. Une lecture plaisir toutefois !

 

Le pain nu, de Mohamed Choukri

Aah Le pain nu ! Un livre que j’avais tenté de lire il y a quelques années et que j’avais refermé avec écœurement. C’est malheureusement avec les mêmes haut-le-cœur que j’ai cette fois-ci encore dévoré le roman autobiographique de Mohamed Choukri. Comme détaché de sa propre histoire, l’auteur nous plonge tête la première dans les bas-fonds de la ville de Tanger. La fange, la crasse, le sexe tarifé, la misère noire, tout y passe et rien ne nous est épargné. Un livre heureusement assez court mais très violent dont on ressort éreinté, la boule au ventre.

 

Histoires, de Marie-Hélène Lafon

C’est après avoir vu et entendu Marie-Hélène Lafon dans l’émission La grande librairie que j’ai eu envie de la lire. En librairie, je suis tombée sur son recueil de nouvelles et c’est d’abord sa couverture verdoyante qui m’a attirée. Une fois entamé ce chapelet de nouvelles, on plonge dans un univers, celui de la ruralité des gens du Cantal. Vingt nouvelles qui constituent une succession d’instantanés aussi âpres qu’austères et rudes. Les héroïnes et héros de Marie-Hélène Lafon nous restent en tête après avoir refermé le livre tant la région dans laquelle il vivent déteint sur leur destin, et tant l’auteure dépeint bien cette atmosphère pour nous toucher au cœur.

 

Un fils en or, de Shilpi Somaya Gowda

Cet ouvrage, nonchalamment déposé sur le bord gauche d’une tablée chez Gibert Joseph, a littéralement accroché mon regard. Il m’a d’autant plus captivée que quelques jours auparavant, une libraire l’a chaudement recommandé dans La grande librairie. Mon pavé sous le bras, je reprends le bus pour rentrer chez moi, et décide de l’ouvrir pour ne pas voir le temps passer. Faut-il le préciser ? J’ai eu grand mal à le refermer. J’aurais aimé prolonger mon trajet de quelques stations pour poursuivre ma lecture. On est dès les premières pages transportés dans un autre monde, dans ce petit village de l’est du Gujarat. Puis on ne cessera tout au long du livre d’alterner entre ce village et Dallas, aux États-Unis, où émigre le fils aîné de la famille. Shilpi Somaya Gowda nous met constamment face à des situations et problématiques (celles des femmes, des émigrés, des riches, des moins riches, etc.) et nous laisse seuls juges. Son talent de conteuse nous porte et les retournement de situations nous accrochent.

 

Americanah, de Chimamanda Ngozi Adichie

Mes lectures du mois de juin 2016 se sont terminées en grande beauté avec Americanah. Un ouvrage dont je peux sans conteste dire qu’il constitue mon coup de cœur de l’année ! Je crois profondément aux rendez-vous (manqués ou pas) avec les livres. C’est-à-dire qu’un ouvrage n’atterrit pas par hasard dans nos mains. Nos lectures reflètent notre état du moment, nous apportent des éléments de réponse, nous confortent dans des positions.

En ciblant la problématique noire aux États-Unis ou encore celle de l’émigration nigériane, Chimamanda Ngozi Adichie évoque des sujets universels, qui nous touchent tous de près : la différence entre noirs et blancs, la condition d’émigré, les rapports hommes/femmes, les comportements d’émigrés de retour dans leur pays, etc.

Saupoudré d’observations qu’on devine être celles de l’auteure, l’ouvrage pousse à l’introspection et à l’interrogation sur le monde qui nous entoure et sur notre rapport à l’autre, quel qu’il soit. Les personnages y sont solides, attachants, et on se surprend à vouloir prolonger la lecture de ce livre qui compte tout de même près de 530 pages ! Un incontournable !

 

 

 

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