Ecriture, L'atelier

Pourquoi écrit-on ?

 

Franchement, je n’en sais rien ! Je n’ai aucune réponse rationnelle à cette question. En tout cas jusqu’à présent, je ne me suis pas vraiment posé la question. Peu m’importe le pourquoi. Seul compte pour moi le plaisir que j’y prends. Ben voilà, c’est une raison ça. C’est pour moi un vrai régal que de me poser devant mon ordinateur pour écrire, comme une super récréation dont je décide seule de la fin.

Si je me creuse un peu plus la cervelle, je peux aussi dire que j’écris parce que je pense avoir des choses à dire. Les sujets d’écriture sont inépuisables. Et on a toujours l’impression que l’angle choisi pour l’écriture de notre histoire est d’une originalité folle. En cela je rejoins l’écrivain Milan Kundera qui dit : « ne serait-ce qu’une ridicule illusion, on est persuadé d’écrire parce qu’on a à dire ce que personne n’a dit. »

Et puis très immodestement, écrire me permet de laisser une trace. C’est d’ailleurs le but de l’écriture. Les paroles s’envolent, l’écrit reste.

Autre motivation, celle toute simple d’apprécier raconter une histoire pour être lue. La construction de l’histoire, la création et l’évolution des personnages, la succession des scènes, etc., tout cette élaboration est véritablement jouissive. Voir son texte lu et avoir le ressenti des lecteurs en retour, voilà la véritable récompense. Les mots ont touché, énervé, bouleversé, amusé, bref ils ont été lus et ont eu un certain effet.

Et sinon, que répondent les écrivains à la question « pourquoi écrire » ?

Dans Le mystère Henri Pick, David Foenkinos écrit :

« Comment croire ceux qui disent écrire pour eux ? Les mots ont toujours une destination, aspirent à un autre regard. Écrire pour soi serait comme faire sa valise pour ne pas partir.« 

Dans Inassouvies, nos vies, Fatou Diome fait dire à l’un de ses personnages :

« Écrire, ma chère, ce n’est pas une posture mondaine, les livres sincères n’ont pas un goût de petits-fours. Écrire, ce n’est pas non plus de l’alpinisme, mais une plongée en apnée, car le seul sommet que vise un véritable écrivain est le bout d’un fil enroulé autour de ses tripes. (…) Écrire, c’est un souffle qui traverse tout un être, avant de se répandre naturellement dans l’atmosphère; le livre, alors, n’appartient plus à personne, mais devient une respiration commune. Lis-moi, c’est reste avec moi, regardons le monde ensemble, partageons sourires et soupirs, à moins que ce ne soit la révolte. »

Pour Bernard Werber,

« Écrire, c’est s’épargner dix ans de psychanalyse« .

J’aime beaucoup la réponse d’Eugène Ionesco :

« Vous devriez le savoir, pourrait répondre l’écrivain à ceux qui posent la question. Vous devriez le savoir puisque vous nous lisez, car si vous nous lisez et si vous continuez de nous lire, c’est que vous avez trouvé de qui lire, quelque chose comme une nourriture, quelque chose qui répond à votre besoin… Si je suis écrivain, pourquoi êtes-vous mon lecteur ? C’est en vous-même que vous trouvez la réponse à la question que vous me posez. »

Et vous, amis écrivains, sauriez-vous dire pourquoi vous écrivez ? Qu’est-ce qui vous y pousse ? Quel est/sont votre/vos moteur(s) ?

 

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