Adultes, Lecture

Quand Édouard Philippe se raconte par les livres

 

C’est le titre qui, le premier, a attiré mon attention.

Je n’ai pas fait attention au nom de l’auteur. Aussitôt téléchargé sur Kindle et aussitôt entamé. Des hommes qui lisent, le titre avait de quoi me séduire !

On y entre d’emblée dans le vif du sujet. Mais certains indices m’ont mise sur la piste de l’auteur. La ville du Havre qui revient comme un leitmotiv, les références politiques disséminées ça et là. Vite ! Retour à la couverture ! Ah c’est donc lui ! Le Premier ministre sort un livre et mon esprit est aussitôt inondé de messages. « Propagande », « promotion », « langue de bois », me dit mon cerveau.

Édouard Philippe

Mais trop tard. J’ai avalé le premier chapitre. Le fil rouge du livre a ferré la boulilivres (contraction de « boulimique » et « livres » – surnom donné par une amie) que je suis. Edouard Philippe commence fort, avec l’acte officiel de son entrée en lecture, quand en 1976 son père lui fait lire quelques vers de L’Enfer de Dante.

« Comme un très grand nombre de lecteurs, j’ai sans doute été programmé. Je ne m’en plains pas, bien au contraire. J’essaie de faire la même chose avec mes enfants. Et je me réjouis d’être tombé amoureux de la lecture, même si le rendez-vous était arrangé. Après tout, cela aurait pu rater »

L’écriture y est fluide, entrainante, l’homme se livre avec une économie de mots et une réserve pudique.

Après avoir raconté l’histoire familiale, il se livre sur ses affinités en politique, raconte sa ville du Havre (on a envie d’aller voir !) et les choix politiques en matière de culture essentiellement, ses rencontres avec des figures havraises, son rapport à son père mais aussi à ses enfants, etc.

Mais le tout n’est que prétexte ! Plein à craquer de références littéraires, le livre utilise chaque pan de l’histoire de l’auteur pour évoquer ses lectures et ce qu’elles lui ont apporté. Edouard Philippe est petit-fils de dockers havrais. L’histoire de l’irruption du livre dans sa famille est à elle seule digne d’un roman.

« Accéder à la lecture, c’est se doter d’une arme formidable : le droit d’imaginer, le droit de penser par soi-même et le droit de savoir »

Des hommes qui lisent est à lire comme un récit de voyages, ceux qu’a fait l’auteur avec délice à travers les livres et auxquels il nous invite généreusement.

 

 

 

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