Adultes, Lecture

5 livres (très courts) à prendre en vacances

 

A la fois courts et denses, ces 5 livres n’excèdent pas (ou de très peu) les 100 pages.

Pesant leurs mots pour nous livrer des textes inoubliables, ces auteurs nous offrent des romans qui nous hantent très longtemps après leur lecture.

N’hésitez donc pas à piocher dans cette liste pour partir accompagné(e)s de pépites ultra légères !

Le poids du papillon, de Erri De Luca

En une phrase, c’est l’histoire d’un intense face à face entre un braconnier en fin de parcours et le roi vieillissant des chamois.

Dans cette dernière chasse, seule la montagne, majestueuse, dangereuse aussi, reste immuable. Le chasseur comme le chassé ont appris à dompter ses à-pics, mais gare au faux pas.

Erri De Luca choisit ses mots pour nous donner à lire des phrases sur lesquelles on ne manque pas de s’arrêter. L’ouvrage a beau ne pas dépasser 80 pages, on ne peut le lire d’une traite tant il regorge d’enseignements sur le rapport de l’homme à l’animal, sur la transgression, sur le déclin, etc.

Une économie de mots pour un texte sublime, poétique.

Soie, de Alessandro Barrico

En une phrase, c’est l’histoire d’un homme, Hervé Joncour, éleveur de vers à soie, qui se trouve contraint de partir au Japon pour sauver sa ville d’une épidémie qui détruit les œufs des vers.

De sa petite ville du sud de la France aux confins du Japon ancestrale (nous sommes en 1860), Hervé Joncour se trouve confronté au choc des cultures. Mais la barrière de la langue ne l’empêche nullement de vivre une histoire d’amour toute en délicatesse et en retenue.

Avec Alessandro Baricco, il faut aller chercher derrière les mots et les phrases des sens cachés. Sous ses dehors aériens, légers, Soie est d’une grande profondeur.

Nagasaki, de Eric Faye

En une phrase, c’est l’histoire d’un météorologue cinquantenaire qui vit seul à la lisière de la ville de Nagasaki et qui, peu à peu, se rend compte que des choses disparaissent ou sont déplacées dans sa maison. Il décide alors de dissimuler une caméra qui lui révèle qu’une femme s’est introduite chez lui et se cache dans un placard.

Basé sur un fait divers, ce très court roman est bâti sur les points de vues alternés des deux personnages principaux. Eric Faye a le sens de la narration. Il nous emporte sans nous ennuyer un seul instant. Seul regret : la fin est un peu précipitée.

Un roman en forme de réflexion sur la solitude, le mal-être des plus de 50 ans et la crise sociétale au Japon.

La place, de Annie Ernaux

En une phrase, c’est l’histoire du père de l’auteure sur fond d’histoire sociale.

Le style est épuré, l’écriture distancée. Annie Ernaux semble avoir besoin de se mettre à distance pour garder un regard le plus objectif possible. Et c’est plutôt réussi. En plus de narrer l’histoire d’une ascension sociale, celle de ses parents, la romancière y ajoute une dimension sociologique non négligeable et inscrit son histoire familiale dans l’Histoire française des années 50-60.

La place a beau être une histoire personnelle, on se surprend plusieurs fois à s’identifier et à y trouver des échos à sa propre histoire.

Un livre à la fois sobre et efficace.

Tsubaki (Le Poids des Secrets, Tome 1) de Aki Shimazaki

En une phrase, c’est l’histoire d’une survivante de la bombe atomique qui, à sa mort, laisse à sa fille une lettre lourde de révélations.

De secrets de famille en mensonges d’un père se révélant manipulateur, Aki Shimazaki tisse un récit à la fois dense et court. Les mots qu’elle choisit avec soin disent beaucoup. Ils racontent la trahison, l’Histoire, la bombe, la pression sociale, la famille et ses trahisons, l’enfance et ses désillusions.

C’est là la prouesse de l’auteure, qui nous émeut et nous suspend à ses mots.

Un livre qui ouvre une série de 5 tomes, qu’on s’empresse de dévorer ! Addictif !

 

Vous connaissez d’autres ouvrages aussi courts que marquants ? Si oui, n’hésitez pas à nous donner des titres en commentaires !

 

 

 

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2 Comments

  • Reply Elodie 23 juin 2017 at 12:51

    Coucou ! Merci pour cette chouette sélection. Pour ma part, dans la catégorie « dense et court », j’ai adoré dernièrement « Le sourire de Gary Cooper », de Sophie Pujas. L’auteur y déroule le fil de la vie de l’actrice Clara Bow. Une plongée dans le Hollywood des années 20, déjà impitoyable machine à créer … et à détruire les stars. J’en ai fait une petite chronique sur mon blog.
    Bon week end ensoleillé !

    • Reply Bookapax 23 juin 2017 at 1:19

      Merci pour ce titre ! Je vais de ce pas lire ta chronique à propos de cet ouvrage que je ne connais pas ! Excellent week-end également !

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